C.Roux musique ou écriture ?

Placards, Rivages 2013
Adieu Lili Marleen, Rivages 2015

Christian Roux est auteur de plusieurs romans, dont le dernier, titré Adieu Lili Marleen, sort en collection poche des Éditions Rivages en avril 2017. Il m’a reçu chez lui pour parler de son actu et de ses idées.

Je suis heureuse de vous présenter la première séquence qui sera suivie d’une présentation plus complète sur l’actualité de Christian Roux, un auteur aux multiples talents.

Christian ROUX Séquence 1 La Littérature et Mme Bovary

 

 

About Catherine Neykov

Février, le mois de l’amour par excellence! Je vous emmène chez Catherine Neykov aimable auteure de plusieurs romans tous très différents et en même temps tous passionnants puisqu’ils traitent… d’Amour avec un grand A, l’amour des siens, l’amour de l’autre, l’amour de l’humain malgré ses imperfections. Découvrez!

Catherine Neykov à domicile
Catherine Neykov à domicile

Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ?

L’amour des livres et le goût de la langue. Ceux-ci m’ont très vite passionnée. Je leur dois d’avoir découvert le monde. J’éprouvais beaucoup de plaisir aussi à l’étude du français, le vocabulaire, la grammaire, la syntaxe.

Depuis quand écrivez-vous ?

Depuis ma tendre enfance, mais mes textes n’ont commencé à être publiés qu’à partir des années 2000. J’ai profité d’un plan social pour passer à une écriture réellement professionnelle.

Quelle est votre bibliographie à ce jour ?

Elle comporte quatre ouvrages :
Le prince et la mendiante, un conte pour adultes édité par une maison québécoise en 2004.
Pour l’amour d’Olivia, le touchant roman d’amour de deux jeunes handicapés mentaux, paru en 2007 et réédité deux fois depuis, en raison de faillites d’éditeurs.

Le prince et la mendiante co-écrit par Catherine Neykov
Le prince et la mendiante, première de couverture

Pour l'amour d'Olivia, Catherine Neykov, Éditions du Périgord
Pour l’amour d’Olivia, Catherine Neykov, Éditions du Périgord

La Préférée, second roman, une histoire de secret de famille sur fond de voyage aux Caraïbes, toujours disponible chez De Borée (2014)

La Préférée roman écrit par Catherine Neykov aux éditions Terres de femmes
La Préférée première de couv

La Disparue, le récit d’une enquête historique passionnante, paru en avril 2016 chez Michalon.

La disparue, Catherine Neykov, aux Éditions Michalon, première de couverture
La disparue, roman de Catherine Neykov, paru en 2016 aux Éditions Michalon

Laquelle de ces oeuvres a votre préférence aujourd’hui ?

Toutes sans exception ! Et chacune a son lectorat. La Préférée traite des difficiles rapports mère — fille. Cela plait aux femmes, qui s’identifient volontiers au personnage principal, à ses faiblesses et à son courage, et à la belle histoire d’amour qu’elle vit avec Brice.

La Disparue s’adresse aux esprits curieux, au grand public cultivé qui aime les histoires fortes et vraies. Sur les pas de Juliette, ma tante et marraine, on croise Marguerite Duras, dont elle fut l’amie dans l’Indochine coloniale, on traverse les deux guerres mondiales et l’on peut explorer l’univers sombre et révoltant des hôpitaux psychiatriques des années 1950. Tout y est vérifiable et véridique.

J’ai une tendresse particulière pour mon second roman, Pour l’amour d’Olivia, qui a connu un réel succès auprès du grand public. Il s’agit de l’histoire d’amour de deux jeunes handicapés, lui, trisomique, elle, ayant souffert d’un accident de naissance. Profondément amoureux, ils désirent former un couple, mais les parents de la jeune fille ne sont pas prêts, le tuteur du garçon s’avère introuvable et les éducateurs s’en mêlent. Un vrai roman donc, avec des péripéties, des rebondissements, du suspense. Touchant, facile à lire et qui restitue bien l’univers de la déficience intellectuelle.

liste des titres par Catherine Neykov
bibliographie Catherine Neykov

Comment choisissez-vous vos sujets ?

Le hasard me guide beaucoup… J’écris en fonction de mes rencontres et de mes ressentis, là où se trouve l’émotion, car c’est cela qui fait venir les mots.

Quel est votre modèle en matière d’écriture ?

Mes auteurs préférés sont Romain Gary et Garcia Marquez. Duras aussi, pour son style magique et pour cette merveilleuse réussite qu’est l’Amant. Il faudrait en citer beaucoup d’autres, à commencer par les poètes, Baudelaire, Verlaine, Appollinaire…

Avez-vous un projet pour 2017 ?

J’ai envie d’une histoire de jeunes musiciens, de futurs grands concertistes qui vont se trouver ensemble pour un stage intensif, on appelle cela une académie, et à qui il va arriver toutes sortes d’aventures musicales et affectives. Je suis un peu effrayée par mon ignorance (relative !) du sujet et l’ampleur du travail à accomplir. Ces accès de panique littéraire, ce sentiment de « je n’y arriverai jamais » me prennent à chaque fois que j’entreprends un projet. Mais comme tous ont, jusqu’à présent, abouti, je conserve une certaine sérénité.

Catherine Neykov en séance de dédicaces
Catherine Neykov en séance de dédicaces pour ses romans « Pour l’amour d’Olivia » et « La préférée »

Catherine Neykov, je vous remercie de m’avoir reçue chez vous et d’avoir répondu à mes questions. Je vous souhaite une formidable année de passion, de rencontres et de découvertes!

Corinne Boisbluche, le 22 février 2017

La quatrième de couverture du dernier roman de Catherine Neykov par ICI

Roger Caporal une passion

J’inaugure ici une rubrique qui consistera à vous informer de l’actualité des artistes toutes spécialités confondues, à une époque où, tout un chacun, nous avons vraiment besoin de nous évader, de rêver, de nous cultiver dans le magique, le beau, le lyrique, le tragique ou le comique, à une époque où le lecteur, l’auditeur, le spectateur, l’amateur de peinture, de sculpture ou le simple néophyte de l’Art a le droit de prétendre s’élever l’âme en découvrant des créateurs devenus professionnels de leur passion. Je vous laisse découvrir, réagir, ou témoigner par vos commentaires à l’issue de ce reportage.

Roger Caporal est connu comme médecin spécialiste endocrinologue. De l’endocrinologie à la criminologie, il n’y a qu’une syllabe d’écart et c’était bien peu pour dissuader ce créateur né à Montmartre, authentique Parisien, amoureux de peintures, de théâtre et de danse de couple, de se lancer dans l’écriture. Évidemment passionné de littérature policière depuis toujours, Roger Caporal m’a reçue cette semaine avec grâce, gentillesse et attention pour parler de son actualité 2017.

CB : Monsieur Caporal, de quelle origine êtes vous ?
RC : Je suis né à Paris. Ma famille originaire de Montpellier a émigré au 18ème siècle à Smyrne (Izmir maintenant) dans le cadre des accords de modernisation passés deux siècles plus tôt entre François 1er et Soliman le Magnifique (infra-structure portuaire, échanges commerciaux…). Sur certaines dalles de l’église Saint-Polycarpe, construite par Louis XIII, j’ai pu lire les noms de mes ancêtres gravés dans la pierre.
Je suis le seul médecin de la famille, parmi des financiers, des diplomates et des négociants, quoique Pierre Caporal, chirurgien-barbier, avec l’accord du roi, aurait été le premier à avoir rallié Smyrne !

CB : Êtes-vous également le seul écrivain dans votre famille ? Et à quelle époque avez-vous commencé à écrire durant votre carrière de médecin endocrinologue.
RC : Oui, je suis également le seul écrivain de fiction.
Au bout de deux décennies environ d’exercice, j’ai pleinement pris conscience que le diagnostic, s’apparentait à une enquête policière. D’autre part les confidences intimes des patients touchant leur sexualité, leurs relations amoureuses, ont constitué un vivier de situations propice à l’inspiration. J’ai noté des idées à fructifier, écrit des bouts de texte, mais ce n’est que depuis quelques années que j’ai réellement écrit et été publié.
J’ai certainement été influencé par mes goûts pour les arts, notamment la peinture. J’aime le théâtre que j’ai pratiqué en comédien amateur. J’aime la danse de salon et notamment l’école de danse « George & Rosy » très renommée sur Paris.
Toutes ces circonstances professionnelles, personnelles, m’ont amené non pas à traduire du réel mais à m’en inspirer pour créer une base de départ imaginaire, ensuite construire un récit à rebondissements. De fait, je laisse plutôt libre cours à mon imagination. Je prends énormément de plaisir dans de la véritable création.

CB : De quels auteurs vous revendiquez vous ? A quel type d’auteur vous pourriez vous comparer ?
RC : Pour moi Boileau et Narcejac sont les maîtres de la littérature policière. Ce sont mes modèles. J’aimerais créer des écrits aussi passionnants où, tour de force, la psychologie des personnages, l’énigme, le suspense, sont à la fois présents.

Le roman policier est le reflet d’une époque. Mes personnages sont des gens de tous les jours qui se retrouvent dans des situations particulières. Ils n’ont pas, en général, des profils hyper compliqués ou très pathologiques mais il est intéressant de voir que tout d’un coup les choses peuvent basculer en peu de temps. Ceci dit les ressorts restent toujours les mêmes : l’amour, le pouvoir, la jalousie, la cupidité… Les femmes de mes romans ne sont pas des prostituées ou des femmes soumises mais des femmes libres, je suis un parfait féministe !
Je n’écris pas comme certaines auteures américaines, où tout est arrêté, préparé, chapitre après chapitre voire même paragraphe après paragraphe, avant même qu’une seule ligne ne soit vraiment écrite ! Je préfère garder une certaine liberté d’inspiration. Je me laisse emporter par ma plume. Je suis en quelque sorte mon premier lecteur !

CB : Est-ce un besoin intellectuel ? Vous écrivez pour vous divertir, vous occuper ou bien pour une autre raison ?
RC : Je ne me vois pas vivre ma vie en simple consommateur. J’ai besoin de créer, de produire moi-même. Créer est un bonheur avant, pendant et après. Mais cela nécessite une certaine ascèse. Pour créer de la fiction il faut pouvoir être seul, pouvoir se couper du monde, ne pas être dérangé. Quand nous évoquons les grands auteurs de la littérature, Victor Hugo à Guernesey par exemple, lorsqu’il travaillait dans son pigeonnier, il avait son lit de camp au pied de son bureau, à distance de sa famille et de Juliette Drouet. Simenon s’enfermait pendant quelques semaines pour écrire, son employé lui laissait son repas sur le pas de la porte, car le maître refusait tout contact avec le monde réel. Quand il avait enfin fini, il sortait, appelait son chauffeur et partait faire le tour des lieux de divertissement connus – certains diraient de débauche peut être ! Je ne vais pas me comparer à eux. Néanmoins quand j’écris, j’ai besoin de m’isoler, je ferme, même seul, la porte de mon bureau, pour ne pas être distrait. J’écris plus facilement le soir, mais je préfère écrire en chambre d’hôtes dans un décor inconnu avec des contacts humains potentiels à l’heure du dîner. Dans tous les cas, le processus de création me transporte complètement vers un bonheur absolu. J’adore écrire.

CB : Vous avez déjà écrit trois romans policiers. Meurtre au cours de danse, La mort aux dents et Psychose au laboratoire. Avez-vous un nouveau projet d’écriture en cours ?

RC : Plusieurs scénarios me trottent dans la tête depuis un moment. Mon prochain roman devrait prendre l’Opéra Garnier pour cadre. J’en ai également deux autres en tête, en parallèle à celui-ci. Je m’oriente aussi vers des sujets non policiers, des textes courts qui traitent des conflits fréquents entre le sexe et l’amour.

Je participe à des salons littéraires notamment dans le cadre du Groupement de Médecins-Écrivains qui organise des événements réguliers.

CB : Monsieur Roger Caporal, il me reste à vous remercier de m’avoir si gentiment accueillie. Je vous souhaite tous mes vœux de santé de bonheur et surtout d’écriture pour cette nouvelle année 2017 !

Roger Caporal sera présent lors d’une séance de dédicaces à la brasserie LIPP, à l’adresse suivante :

151 boulevard Saint Germain, Paris 6ème.
METRO SAINT GERMAIN DES PRES
LE VENDREDI 27 JANVIER 2017
De 15h00 à 16h30

Découvrez « Meurtre au cours de danse » chez Glyphe en cliquant ici

2017 ça rime avec fête!

Ce billet pour vous annoncer que la rubrique mensuelle « Let’s talk about » va se transformer en rubrique culturelle pour promouvoir des auteurs, des écrivains, des artistes, bref des oeuvres humaines au sens large.

A la suite de quatre années passées en Indonésie, notre retour en janvier 2015 avait lieu sous des augures particulièrement sinistres avec Charlie Hebdo quelques jours après notre arrivée, pour se finir monstrueusement au Bataclan et aux terrasses des cafés. 2016 n’a pas été beaucoup plus agréable non plus en la matière. Je souhaite me concentrer sur de l’humain et de la culture au travers de personnalités riches en elles-mêmes, aux âmes complexes et décomplexées, soucieuses d’alerter leurs contemporains sur les grands défis de notre époque, attachées à parler de l’essentiel par rapport à des valeurs universelles.

Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous en janvier 2017 pour une première interview, celle d’un écrivain talentueux proche de ses lecteurs, auteur de thrillers tous particulièrement poignants de réalisme et d’humanité.

2017 voeux
de 2016 à 2017

About « collectif » 12/2016

Le sens retrouvé du collectif ?

« Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas. » Malraux était peut être visionnaire, nul ne le sait avec certitude, mais ce qui est sûr en cette fin d’année 2016, c’est ce formidable mouvement des masses dans nos vieux pays d’occident, vers plus de justice et de rigueur au sein des nouvelles classes politiques dirigeantes. De Podemos en Espagne jusqu’au plus récent Brexit, de Trump, milliardaire américain élu contre toutes attentes à la Maison Blanche, à Sarkozy évincé de la scène politique, en passant par Jupé exclus lui aussi à un âge avancé de sa carrière mollissante, jusqu’à notre président s’avouant vaincu tout juste hier, enfin édenté par tant de « sans-dents » prêts à payer deux euros pour aller voter chez leurs adversaires au premier comme au second tour, nous ne pouvons qu’observer cette aspiration incontestable vers un retour à des valeurs de respect des populations et, souhaitons-le, des plus démunis, mettant au pouvoir non pas des socialistes tous plus dépendants les uns que les autres des caprices de leurs financeurs, mais au contraire et à la surprise quasi générale, des représentants d’une droite autonome, aisée mais austère, réaction des masses que certains pensent néanmoins légitime au regard de tous les abus observés depuis une dizaine (que dis-je une trentaine !) d’année, et du risque mortel encouru par 100% de Niçois un soir du 14 juillet, 8 mois après une hécatombe meurtrière sur les trottoirs parisiens. Il est temps me direz-vous ? A tort ou à raison? Que cette droite soit plus indépendante ou pas, la question se posera en temps utile. Il n’en reste pas moins que ces masses hier silencieuses se sont enfin exprimées en faveur d’un renouveau drastique que l’on espère salutaire, obligeant l’opinion publique à tenir compte d’une valeur hier en perdition : le collectif.

De là à parler de collectivisme, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement pour vous soumettre une solution relativement récente de financement collectif : les plateformes de « crowdfunding » ou plus exactement les plateformes de « financement participatif » pour échapper à toute connotation politico-dérangeante à l’heure où l’individualisme règne (encore !) en maître (Malraux qu’en pensez-vous ?!).

Voici donc un lien vers un outil de comparaison des différentes plateformes existantes telles que Leetchi.com, Lepotcommun.com, Tilt ou bien Colleo ou RueDesCadeaux :
comparatif des cagnottes en ligne

… ainsi qu’un autre lien vers Kisskissbankbank, plateforme qui se démarque largement par rapport aux autres pré-citées, puisqu’il s’agit (dans ce lien uniquement) du financement d’un projet autrement plus couteux qu’un petit album photo: celui d’un livre richement imprimé et illustré d’un grand nombre de photos de famille.

Journal d’Indochine, carnets de guerre 1949-1951

Kisskissbankbank sera donc plus adéquat si vous souhaitez mettre en exergue l’histoire très particulière d’un ancêtre qui a valeur d’exemple non seulement individuellement (pour vous ou vos proches) mais collectivement (pour l’ensemble d’une société humaine).

Pour clore ce billet « collectif », je vous invite vivement à reléguer le rasoir pour papa ou la machine à pain pour maman au rayon des cadeaux ringards de Noël 2016 en cliquant sur l’une de ces plateformes pour offrir à votre famille/vos parents un cadeau inestimable et inoubliable : UNE BIOGRAPHIE FAMILIALE, dont le financement sera partagé entre tous les membres de votre famille, volontaire ou pas. Dans collectif, il y a « collecte », soit, mais l’essentiel est de rester libre !

Corinne Boisbluche, le vendredi 2 décembre 2016

Journal en allemand

Translation-Übersetzung

Traduction de l’Allemand vers le Français d’une auto-biographie réalisée en 2010 à la demande des enfants du sujet.
Je vous présente ici la préface du livre de K-H.S. intitulée « A mes enfants ».

J’ai écrit ces chroniques non seulement de mon propre chef mais également par la volonté exprimée de mes enfants. Il s’agit de mon autobiographie telle qu’elle peut être rédigée d’après les souvenirs qui surnagent après tant d’années. Peut être ces souvenirs apparaissent-ils sous un éclairage propre à mon ressenti, et non tels qu’ils étaient en réalité. Quoiqu’il en soit, je souhaite les évoquer de la manière la plus objective possible, aussi loin que ma mémoire puisse me porter.
Parmi les souvenirs encore disponibles me viennent quelques images d’avant-guerre. Ma terre natale dans l’ex Allemagne de l’Est fait partie des dossiers engloutis pour faits de guerre. Je ne veux pas non plus dresser une liste de dates, ce qui deviendrait vite ennuyeux, mais plutôt assembler plusieurs petites histoires et anecdotes, certaines graves d’autres comiques, afin de livrer un contenu agréable et intéressant au lecteur. Bien sur j’aurais pu passer sous silence d’infimes aventures sans importance, comme par exemple mon tour en calèche, lors du second mariage de ma mère. Cet événement parmi d’autres, si minime soit-il, m’a tellement marqué que je l’ai joint à ce récit.
Ce livre relate non seulement l’histoire de MA vie, relativement normale et sans éclats, mais également l’histoire d’une époque s’étalant sur plus d’un siècle si l’on y inclut la vie de mes parents. Je m’adresse à mes enfants, Anne Marie, Liesel et Thomas ainsi qu’à tous mes petits-enfants, lecteurs sinon les plus importants du moins prépondérants à mes yeux.
Sans doute en viendrez-vous à vous interroger sur le pourquoi ou comment de cette démarche, en d’autres termes quel motif ou événement a pu me conduire à rédiger ces lignes. En voici l’explication.
L’idée a germé en 1979, lors d’un déplacement professionnel sur Coblence. A cette époque Liesel vivait en « union libre » avec Joachim à Francfort sur le Main (« liberté quand tu nous tiens ! »). Rachel et moi avions donc eu l’idée de faire d’une pierre deux coups, arriver la veille de mon rendez-vous chez Liesel, pour nous permettre un aller-retour rapide sur Coblence le lendemain matin, et revenir passer avec elle le reste de la journée. Ce détail n’en étant pas vraiment un, autant préciser de suite que Joachim devait se rendre le lendemain de notre arrivée, à la convocation des autorités militaires, à la suite de sa demande de report d’incorporation. Jusque là rien à signaler. Le lendemain, précisément le 13 mars 1979, Liesel décida de nous accompagner, du fait qu’elle était encore en convalescence de son opération de la hanche. Le voyage se déroula sans difficultés et la visite à mon client fut vite expédiée. Comme nous avions emprunté la rive gauche du Rhin en direction de Coblence, nous décidions de rentrer sur Francfort par la rive droite. Il était convenu de nous arrêter évidemment à Eltville, un lieu chargé de sens pour Rachel et moi. J’ignore si vous saviez que nous nous sommes mariés dans cette ville et y avons vécu notre première année de mariage, puis plus tard y avons habité plusieurs années. Nous avons fait halte chez « Maman Müller », un restaurant, sinon le meilleur, du moins excellent dans les environs. Rachel et moi avons évoqué nos premières années de mariage à Liesel, l’endroit nous inspirant quelques souvenirs. Lorsque Liesel s’exclama soudain qu’elle ignorait tout de la jeunesse de ses parents avant leur mariage. Je lui fis alors la promesse d’écrire, avant de prendre congés de ce monde, le récit d’un temps que mes enfants ne pouvaient avoir connu.