Roger Caporal une passion

J’inaugure ici une rubrique qui consistera à vous informer de l’actualité des artistes toutes spécialités confondues, à une époque où, tout un chacun, nous avons vraiment besoin de nous évader, de rêver, de nous cultiver dans le magique, le beau, le lyrique, le tragique ou le comique, à une époque où le lecteur, l’auditeur, le spectateur, l’amateur de peinture, de sculpture ou le simple néophyte de l’Art a le droit de prétendre s’élever l’âme en découvrant des créateurs devenus professionnels de leur passion. Je vous laisse découvrir, réagir, ou témoigner par vos commentaires à l’issue de ce reportage.

Roger Caporal est connu comme médecin spécialiste endocrinologue. De l’endocrinologie à la criminologie, il n’y a qu’une syllabe d’écart et c’était bien peu pour dissuader ce créateur né à Montmartre, authentique Parisien, amoureux de peintures, de théâtre et de danse de couple, de se lancer dans l’écriture. Évidemment passionné de littérature policière depuis toujours, Roger Caporal m’a reçue cette semaine avec grâce, gentillesse et attention pour parler de son actualité 2017.

CB : Monsieur Caporal, de quelle origine êtes vous ?
RC : Je suis né à Paris. Ma famille originaire de Montpellier a émigré au 18ème siècle à Smyrne (Izmir maintenant) dans le cadre des accords de modernisation passés deux siècles plus tôt entre François 1er et Soliman le Magnifique (infra-structure portuaire, échanges commerciaux…). Sur certaines dalles de l’église Saint-Polycarpe, construite par Louis XIII, j’ai pu lire les noms de mes ancêtres gravés dans la pierre.
Je suis le seul médecin de la famille, parmi des financiers, des diplomates et des négociants, quoique Pierre Caporal, chirurgien-barbier, avec l’accord du roi, aurait été le premier à avoir rallié Smyrne !

CB : Êtes-vous également le seul écrivain dans votre famille ? Et à quelle époque avez-vous commencé à écrire durant votre carrière de médecin endocrinologue.
RC : Oui, je suis également le seul écrivain de fiction.
Au bout de deux décennies environ d’exercice, j’ai pleinement pris conscience que le diagnostic, s’apparentait à une enquête policière. D’autre part les confidences intimes des patients touchant leur sexualité, leurs relations amoureuses, ont constitué un vivier de situations propice à l’inspiration. J’ai noté des idées à fructifier, écrit des bouts de texte, mais ce n’est que depuis quelques années que j’ai réellement écrit et été publié.
J’ai certainement été influencé par mes goûts pour les arts, notamment la peinture. J’aime le théâtre que j’ai pratiqué en comédien amateur. J’aime la danse de salon et notamment l’école de danse « George & Rosy » très renommée sur Paris.
Toutes ces circonstances professionnelles, personnelles, m’ont amené non pas à traduire du réel mais à m’en inspirer pour créer une base de départ imaginaire, ensuite construire un récit à rebondissements. De fait, je laisse plutôt libre cours à mon imagination. Je prends énormément de plaisir dans de la véritable création.

CB : De quels auteurs vous revendiquez vous ? A quel type d’auteur vous pourriez vous comparer ?
RC : Pour moi Boileau et Narcejac sont les maîtres de la littérature policière. Ce sont mes modèles. J’aimerais créer des écrits aussi passionnants où, tour de force, la psychologie des personnages, l’énigme, le suspense, sont à la fois présents.

Le roman policier est le reflet d’une époque. Mes personnages sont des gens de tous les jours qui se retrouvent dans des situations particulières. Ils n’ont pas, en général, des profils hyper compliqués ou très pathologiques mais il est intéressant de voir que tout d’un coup les choses peuvent basculer en peu de temps. Ceci dit les ressorts restent toujours les mêmes : l’amour, le pouvoir, la jalousie, la cupidité… Les femmes de mes romans ne sont pas des prostituées ou des femmes soumises mais des femmes libres, je suis un parfait féministe !
Je n’écris pas comme certaines auteures américaines, où tout est arrêté, préparé, chapitre après chapitre voire même paragraphe après paragraphe, avant même qu’une seule ligne ne soit vraiment écrite ! Je préfère garder une certaine liberté d’inspiration. Je me laisse emporter par ma plume. Je suis en quelque sorte mon premier lecteur !

CB : Est-ce un besoin intellectuel ? Vous écrivez pour vous divertir, vous occuper ou bien pour une autre raison ?
RC : Je ne me vois pas vivre ma vie en simple consommateur. J’ai besoin de créer, de produire moi-même. Créer est un bonheur avant, pendant et après. Mais cela nécessite une certaine ascèse. Pour créer de la fiction il faut pouvoir être seul, pouvoir se couper du monde, ne pas être dérangé. Quand nous évoquons les grands auteurs de la littérature, Victor Hugo à Guernesey par exemple, lorsqu’il travaillait dans son pigeonnier, il avait son lit de camp au pied de son bureau, à distance de sa famille et de Juliette Drouet. Simenon s’enfermait pendant quelques semaines pour écrire, son employé lui laissait son repas sur le pas de la porte, car le maître refusait tout contact avec le monde réel. Quand il avait enfin fini, il sortait, appelait son chauffeur et partait faire le tour des lieux de divertissement connus – certains diraient de débauche peut être ! Je ne vais pas me comparer à eux. Néanmoins quand j’écris, j’ai besoin de m’isoler, je ferme, même seul, la porte de mon bureau, pour ne pas être distrait. J’écris plus facilement le soir, mais je préfère écrire en chambre d’hôtes dans un décor inconnu avec des contacts humains potentiels à l’heure du dîner. Dans tous les cas, le processus de création me transporte complètement vers un bonheur absolu. J’adore écrire.

CB : Vous avez déjà écrit trois romans policiers. Meurtre au cours de danse, La mort aux dents et Psychose au laboratoire. Avez-vous un nouveau projet d’écriture en cours ?

RC : Plusieurs scénarios me trottent dans la tête depuis un moment. Mon prochain roman devrait prendre l’Opéra Garnier pour cadre. J’en ai également deux autres en tête, en parallèle à celui-ci. Je m’oriente aussi vers des sujets non policiers, des textes courts qui traitent des conflits fréquents entre le sexe et l’amour.

Je participe à des salons littéraires notamment dans le cadre du Groupement de Médecins-Écrivains qui organise des événements réguliers.

CB : Monsieur Roger Caporal, il me reste à vous remercier de m’avoir si gentiment accueillie. Je vous souhaite tous mes vœux de santé de bonheur et surtout d’écriture pour cette nouvelle année 2017 !

Roger Caporal sera présent lors d’une séance de dédicaces à la brasserie LIPP, à l’adresse suivante :

151 boulevard Saint Germain, Paris 6ème.
METRO SAINT GERMAIN DES PRES
LE VENDREDI 27 JANVIER 2017
De 15h00 à 16h30

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