Journal en allemand

Translation-Übersetzung

Traduction de l’Allemand vers le Français d’une auto-biographie réalisée en 2010 à la demande des enfants du sujet.
Je vous présente ici la préface du livre de K-H.S. intitulée « A mes enfants ».

J’ai écrit ces chroniques non seulement de mon propre chef mais également par la volonté exprimée de mes enfants. Il s’agit de mon autobiographie telle qu’elle peut être rédigée d’après les souvenirs qui surnagent après tant d’années. Peut être ces souvenirs apparaissent-ils sous un éclairage propre à mon ressenti, et non tels qu’ils étaient en réalité. Quoiqu’il en soit, je souhaite les évoquer de la manière la plus objective possible, aussi loin que ma mémoire puisse me porter.
Parmi les souvenirs encore disponibles me viennent quelques images d’avant-guerre. Ma terre natale dans l’ex Allemagne de l’Est fait partie des dossiers engloutis pour faits de guerre. Je ne veux pas non plus dresser une liste de dates, ce qui deviendrait vite ennuyeux, mais plutôt assembler plusieurs petites histoires et anecdotes, certaines graves d’autres comiques, afin de livrer un contenu agréable et intéressant au lecteur. Bien sur j’aurais pu passer sous silence d’infimes aventures sans importance, comme par exemple mon tour en calèche, lors du second mariage de ma mère. Cet événement parmi d’autres, si minime soit-il, m’a tellement marqué que je l’ai joint à ce récit.
Ce livre relate non seulement l’histoire de MA vie, relativement normale et sans éclats, mais également l’histoire d’une époque s’étalant sur plus d’un siècle si l’on y inclut la vie de mes parents. Je m’adresse à mes enfants, Anne Marie, Liesel et Thomas ainsi qu’à tous mes petits-enfants, lecteurs sinon les plus importants du moins prépondérants à mes yeux.
Sans doute en viendrez-vous à vous interroger sur le pourquoi ou comment de cette démarche, en d’autres termes quel motif ou événement a pu me conduire à rédiger ces lignes. En voici l’explication.
L’idée a germé en 1979, lors d’un déplacement professionnel sur Coblence. A cette époque Liesel vivait en « union libre » avec Joachim à Francfort sur le Main (« liberté quand tu nous tiens ! »). Rachel et moi avions donc eu l’idée de faire d’une pierre deux coups, arriver la veille de mon rendez-vous chez Liesel, pour nous permettre un aller-retour rapide sur Coblence le lendemain matin, et revenir passer avec elle le reste de la journée. Ce détail n’en étant pas vraiment un, autant préciser de suite que Joachim devait se rendre le lendemain de notre arrivée, à la convocation des autorités militaires, à la suite de sa demande de report d’incorporation. Jusque là rien à signaler. Le lendemain, précisément le 13 mars 1979, Liesel décida de nous accompagner, du fait qu’elle était encore en convalescence de son opération de la hanche. Le voyage se déroula sans difficultés et la visite à mon client fut vite expédiée. Comme nous avions emprunté la rive gauche du Rhin en direction de Coblence, nous décidions de rentrer sur Francfort par la rive droite. Il était convenu de nous arrêter évidemment à Eltville, un lieu chargé de sens pour Rachel et moi. J’ignore si vous saviez que nous nous sommes mariés dans cette ville et y avons vécu notre première année de mariage, puis plus tard y avons habité plusieurs années. Nous avons fait halte chez « Maman Müller », un restaurant, sinon le meilleur, du moins excellent dans les environs. Rachel et moi avons évoqué nos premières années de mariage à Liesel, l’endroit nous inspirant quelques souvenirs. Lorsque Liesel s’exclama soudain qu’elle ignorait tout de la jeunesse de ses parents avant leur mariage. Je lui fis alors la promesse d’écrire, avant de prendre congés de ce monde, le récit d’un temps que mes enfants ne pouvaient avoir connu.